La relation

Voilà, j’ai découvert Julie le soir de l’anniversaire des trente ans de mon ami puis j’ai su saisir l’opportunité d’avoir un rendez-vous avec la belle… À présent et comme je l’avais présenté auparavant, je me trouve au coeur même de la troisième phase de la « formule magique », autrement dit la « relation ». La seule chose concrète que je peux dire ici, c’est que je me suis mis dans de beaux draps car Julie est déjà totalement tombée amoureuse de moi en seulement quelques jours… Malheureusement, je ne suis pas une personne qui peut avoir des sentiments d’une manière aussi rapide et je ne sais trop que faire face à cette situation qui, je dois l’avouer, était très loin d’être « prévue ». Pour être totalement franc, j’ai encore du mal à y croire car à mes yeux, cela relève même de l’impossible ! Mais Julie me plaît et je ne veux pas lui faire savoir que je ne pensais pas que des sentiments à mon égard arriveraient aussi soudainement… Pardonnez-moi l’expression mais un peu comme un cheveu sur la soupe à vrai dire !

Ainsi, la seule chose que je me dis à l’instant même, c’est que je ne peux pas tout gâcher et que je me dois maintenant d’entretenir cette relation pour laquelle je ressens tant de plaisir. Je souhaite d’ailleurs de tout coeur la rendre unique pour ne pas « perdre la main » car j’ai malgré moi une beauté fatale sous le nez et de quoi m’occuper durant de très belles et de très longues années. Je l’espère très sincèrement tout du moins..

Tout d’abord, je pense qu’il faut que je maintienne mon côté « mauvais garçon », résister à tous ses petits caprices tout en sachant lâcher du lest.. Finalement, c’est un peu comme lors d’une partie de poker puisque je vais faire tout mon possible pour essayer de la surprendre en essayant de lui faire passer d’amusants et d’attachants moments et ce, afin de sortir autant que faire se peut du train de vie ordinaire..

Par exemple, je suis déjà dans mes pensées et je me dis très simplement qu’un week-end en amoureux à Dysneyland pourrait être un bon point d’accroche en matière de surprise.. Se retrouver blotti contre Julie dans une chambre avec Mickey et Minnie Mouse sur les murs pourrait la faire voyager au coeur même de son enfance et ainsi lui créer peut-être cette sensation d’avoir rencontré quelqu’un qui la fasse voyager un peu dans ses souvenirs.. Je n’irai pas dire jusqu’à la faire rêver du prince charmant mais ne sait-on jamais !
la relation

Je pense également à Venise et plus particulièrement à une sortie en gondole avant la nuit tombée pour ensuite aller se délecter d’un plat typique accompagné d’un délicieux vin égayant nos deux êtres et nous amenant vers d’autres horizons…

Il est vrai que ce processus semble s’avérer plus ou moins utopique mais n’est-il pas essentiel de ressentir ce besoin d’évasion pour se sentir « exister » ? L’imaginaire peut très bien devenir réalité au passage.. Aussi, l’amour ne nécessite-t-il pas de « forcer les choses » de temps à autre pour éprouver ensuite une autre forme de bien-être ? Affaire à suivre..

Première fois

Mi-Juillet, nous sommes au cœur de l’été quand mon ami me propose d’aller faire un tour au camping touristique qui longe la côte. C’est un lieu touristique à la réputation ambivalente à qui l’on ne peut enlever son magnifique emplacement, niché sur une falaise semée de conifères et dont les rondeurs topologiques lui donnent un charme indéniable. C’est ici que je vais connaître ma première fois.
Nous sommes en route et mon compagnon expose alors les raisons de sa motivation. Un couple de jeunes irlandaises nous attend dans leur tente, il a conclu l’heure et le lieu du rendez-vous cette après-midi dans un estaminet local. Premiere fois
Une fois arrivés au camping, nous remarquons que la direction de celui-ci organise une boum, ce qui augmente significativement l’affluence habituellement réalisée. Nous avançons un peu gêné vers le centre des festivités et nous nous retrouvons propulsés au centre de l’espace central (ce que certains appellent assez étrangement la piste) par nos deux gaéliques aux belles crinières blondes vénitiennes, visiblement très à l’aise au beau milieu de cette petite cinquantaine de personnes issues de tous milieux sociaux. Après quelques heures de danse et de consommation au bar, l’endroit dégage désormais une certaine douceur. La « piste » marque la frontière entre l’extérieur et l’intérieur de la salle d’accueil, qui sert justement de comptoir aujourd’hui.
Nos irlandaises sont désinhibées et le courant passe à merveille, elles acceptent donc de nous accueillir dans leur tente mais à la seule condition que l’on condescende à prendre une douche avec elles (ce qui est relativement risqué étant donné que les douches collectives se situent au centre du camping, lieu de passage très fréquenté bien évidemment). Nous acceptons sans trop tergiverser, aveuglés par les perspectives que ce type d’activités peut offrir par la suite.
Nous rentrons donc dans les douches. Elles sont vétustes mais pas vieillardes, juste usées par des clients peu scrupuleux quant à la propreté de celles-ci. Nous nous déshabillons, un peu embarrassés, pour finalement rejoindre les filles dans leurs cabines où l’ambiance va très rapidement déraper étant donné l’expression visuelle de la réunion des conditions. Nous scindons finalement le groupe en deux pour des raisons pratiques, nous promettant de ne pas garder la même partenaire afin de ne pas faire de jaloux et ne pas créer un élitisme naturel. J’ai quand même envie de goûter au corps de celle qui a les yeux bleus ! Je sens que je suis son style !
En effet, une des deux filles est un peu moins bien physiquement et mon collègue, ayant la primeur du plan, s’est offert le privilège de répartir, avec un flegme épatant, les rôles en sa faveur. Je dois, me dis-je, partager son avis et aimer les moments avec la fille un peu moins jolie sans broncher, ce que je décline sans vague. Mon compagnon accepte donc, même s’il trouve que ce fonctionnement risque de venir briser les jeux sentimentaux qu’il souhaite investir dans la relation.
Bref, après quelques minutes de débats, nous finissons finalement dans le corps de nos partenaires, que l’on n’a pas eu le temps « d’échanger » étant donné la précocité de nos éjaculations.. Mémorable première fois bien qu’épistolairement parlant peu attrayante..

La découverte

Jour que j’attendais depuis un bon voire un long moment, je suis enfin à l’anniversaire d’un ami qui fête ses trente ans. Tout excité par l’idée de célébrer de si belles et de si longues années d’amitié, je m’apprête donc à franchir le seuil de la porte de la salle des fêtes louée pour l’occasion, et plus précisément pour vingt-quatre heures qui s’annoncent être de folie ! En franchissant le palier, j’aperçois immédiatement une fille qui me plaît… Il faut donc que j’attire son attention et je sais d’avance, du moins au travers de ma propre expérience, que mon regard ne devrait point suffire puisque je sais pertinemment que mon physique n’est pas celui d’un dieu grec. Il faut donc que je m’y « frotte » (au risque que de m’y piquer) en allant « occuper le terrain ». Cette phrase est d’ailleurs plus ou moins piquante mais je tiens absolument à envoyer dans un premier temps un signal aux autres invités qui, je le vois très clairement, « rôdent » déjà autour de cette magnifique femme à la fois si attrayante et si sensuelle. Je prends donc mon courage à deux mains et je m’avance pour aller lui parler.

Je privilégie de suite une ouverture circonstanciée en fonction de l’évènement car les femmes disposent, et tout un chacun le sait très bien, d’un « radar » à discours préparé. C’est alors que tout s’enchaîne… J’évite les blancs dans la conversation, je lui souris et lui pose des questions afin d’essayer de lui provoquer diverses émotions. D’entrée de jeu, je constate avec un certain étonnement que Julie n’est pas la fille qu’elle montre en apparence… Elle est tout simplement sotte mais cela ne me déplaît guère et a même le pouvoir de me laisser plonger dans mon imaginaire. L’enchaînement de ses réponses à mes questions plutôt idiotes me laissent sous-entendre qu’elle apprécie le moment. De mon côté, je me sens donc de plus en plus à l’aise…
La découverte
J’évite tout de même d’être trop plat et trop neutre car la plupart des hommes sont drôles avec leurs amis mais se renferment comme des huîtres au contact des femmes… Ce qui peut paraître mignon pour elles mais extrêmement pathétique à mon sens ! Je suis donc offensif et je ne trouve pas tout ce qu’elle me dit sympathique tel un candide car sinon je vais me vite me faire placarder dans la « friend zone ». C’est la partie la plus délicate du processus de séduction et il me faut donc de l’audace et du punch. J’y crois à fond et là se situe ma force.

Enfin, je sais très bien que si je veux un rendez-vous de la façon la plus naturelle possible, il est primordial que je crée une tension sexuelle et je décide donc de « sexualiser » la conversation. Dévoilant quelques-unes de mes cartes, je joue avec l’effleurement ainsi que des remarques industrieuses tout en passant par des taquineries. Une fois cette route empruntée judicieusement, c’est un boulevard que je vois s’ouvrir devant moi.. Je viens d’obtenir son numéro de téléphone ainsi que le lieu et l’heure du rendez-vous pour le surlendemain ! Vive la vie !

Les tue-l’amour

L’enfer habite dans les détails et ces derniers sont parfois des tue-l’amour. C’est-à-dire qu’il vont venir vous compromettre un processus de séduction en cours ou bien avancé. Mais plus vous êtes depuis longtemps avec votre femme, moins ils ont d’impact, comme tout le reste.

Règle numéro un: ne pas laisser traîner des boîtes de paracétamol, d’aspirine ou autres médicaments. Pourquoi ? Cela fait tricheur, celui qui a besoin d’un équilibre et qui n’arrivera pas à affronter la vie et ses obstacles sans ces paradis artificiels. Elle, par contre, elle peut s’empiffrer de huit tablettes de chocolat mais ça, c’est complètement différent, c’est un plaisir !

Le grand classique à présent: le produit périmé. Le poulet vert par la moisissure qui traîne dans le frigo depuis un mois et demi à côté du fromage de chèvre huileux et de la cuistance de ce midi. Aie, au mieux vous prenez une bonne engueulade, au pire elle vous explique qu’elle a besoin de temps et de certitudes avant de vivre à vos côtés.

Autre point, les toilettes sales. Elles sont évidemment le lot de la plupart des hommes célibataires et c’est un détail qu’ils devraient retoucher. À moins de trouver une scatophile qui a une très grosse faim, c’est difficilement compatible avec une relation. Bien évidemment et après ne serait-ce que très courte réflexion sur ce sujet, il va de soi que des toilettes sales ne donnent qui plus est aucune imagination quant à la pratique de choses coquines en ce lieu…

Certains prennent l’option de dormir avec un masque. Autant y aller avec un pyjama rose que de faire la taupe en discutant la tête en l’air avant de se coucher. Et même si le masque est similaire au bandeau, il est tout de même bien moins érotique.

Enfin, s’il n’y a plus de caleçon propre à disposition, il est inutile de vouloir faire l’intéressant en exhibant votre slip Mickey acheté à Marne-La-Vallée durant votre enfance. Cette idée peut faire rire votre moitié sur l’instant mais cela peut aussi s’avérer être un mauvais plan sur la durée…

Viennent ensuite les truismes du respect mutuel comme éviter les rots après le repas qui, contrairement à ce qui pourrait être pensé, n’a plus le même impact séducteur que lorsque vous, bébé, aviez trois mois. Dans cette même lignée, vient évidemment le pet. Il peut être toléré en société dans des cas particuliers mais beaucoup moins dans l’intimité car il a tendance à renvoyer un peu trop directement à la proximité, à l’organe et à ses odeurs. À ne pas croire également que cela peut permettre de manifester une certaine virilité car il n’en est rien. Le physique est également important, alors même si un petit ventre peut-être mignon, le style « bouffi à l’américaine » ne rencontre pas le même succès.

Il est ici dressé une liste non exhaustive des tue-l’amour puisque, bien entendu, il pourrait en être cité un bien plus grand nombre. Toutefois, en pagaille et pour conclure, évitez l’élevage de rats d’intérieur, des canettes de bière partout dans l’appartement, des revues X qui traînent au pied du lit, des CD de chants militaires ou encore des cendriers parsemant le salon.

Une fois respecté cela, il vous restera certainement quelques défauts mais bien qu’ils vous soient insupportables, quelqu’un devrait les supporter pour vous.
Les tue-l'amour